Histoire

L’histoire derrière la photo ‘Hommage à la Reine’

L’histoire derrière la photo ‘Hommage à la Reine’

Publié le
16 septembre 2022

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Mick Jagger / God gave me Everything

Vendredi dernier, j’ai posté une photo sur Instagram pour rendre hommage à la Reine Elizabeth II. Vous ne l’avez pas vue, je vous rassure, il est passé plutôt inaperçu (le poste).
Je voulais vous raconter l’histoire de cette photo et du capot qui est dessus.
Je vous remets la photo, car sinon, ce sera un peu dur à comprendre. 

Ce capot appartenait à une Jaguar Mark 7, c’est à dire une grosse limousine des années 1950.
Je faisais l’essai de la voiture après avoir travaillé dessus. Pendant l’essai j’ai senti une odeur d’essence et décidé de m’arrêter pour vérifier. Avant de descendre j’ouvre le capot et dès ma sortie, je vois qu’il y a une fuite d’essence à l’arrière du véhicule. Je vais donc à l’arrière pour faire une réparation de “fortune” pour pouvoir continuer mon essai.
Je remets le contact, les pompes à essence remettent la pression, il n’y a plus de fuite, je peux donc reprendre ma route.
Un peu énervé, je redémarre et arrive à un carrefour avec un stop qui me donnera accès à la dernière ligne droite de l’essai.
La route est dégagée, je prends la voie en accélérant gentiment… au bout de quelques centaines de mètres, avant d’arriver à ma vitesse de croisière… le trou noir… suivi d’un grand fracas. 

Non, je n’avais pas atteint la vitesse du son ! Mais une tempête sous mon crâne me fait comprendre que le capot s’est envolé !
Oui, il n’avait plus de sécurité. Je ne sais pas pourquoi et surtout, pourquoi je l’avais ouvert et pas refermé.
Je ne sais pas par quel miracle, il s’est ouvert, puis arraché… sans toucher le pare-brise, ni le pavillon, ni l’arrière de la voiture. (Ils sont trop forts les ingénieurs de chez Jaguar ! ).
Je grimpe alors sur les freins pour pouvoir récupérer tout ce que j’ai perdu. Je vous laisse imaginer ce que peut faire une voiture (un peu lourde) des années 50 en termes d’efficacité de freinage.

A peine arrêté, je vois s’arrêter derrière moi une Xsara Picasso. Un homme en descend en disant avec un accent plein de flegme : “je crois qu’il y a un problème”. Oups, les problèmes continuent.
Ce couple de Britanniques vivant en France, allaient à Angers pour voir un match de football. Même en roulant tranquillement, ils n’ont pas pu éviter l’ombre noire sur le sol, car un véhicule arrivait en face. En roulant dessus, le capot de la MK7 avait percé le radiateur de leur Xsara.
Mes neurones étant déjà échauffés par l’envolée du capot, il ne me fallut pas longtemps pour leur proposer (pour arranger tout le monde) de réparer leur voiture pour qu’ils puissent reprendre la route au plus vite vers Angers.
Heureusement, mon fournisseur local de pièce avait en stock un radiateur pour la Citroën.
Vue l’heure, il fallait que mes “victimes” aillent manger, ce qui me permettait aussi de travailler sur leur voiture.
Ils ont été “un peu décontenancés” quand je leur ai proposé de prendre le seul véhicule que je pouvais leurs prêter pour parcourir les 10 kilomètres pour trouver un endroit où manger. Je n’ai pas compris immédiatement, mais tous les citoyens Britanniques n’ont pas forcément déjà conduit un Range Rover P38. Ils étaient ravis !
Quelques heures plus tard, ils reprenaient leur voiture pour continuer leur voyage et arriver à temps à Angers.

Fin de l'acte I.

L’étape suivante était bien entendu de prévenir le propriétaire de la Jaguar et surtout de trouver un capot.

Vous imaginez bien, que l’on trouve plus facilement de l’or sous le sabot d’un cheval qu’un capot de Jaguar MK7 (même si les fers à cheval ne sont plus fixés avec des clous en or).
Je ne sais pas par quel miracle je trouve rapidement un capot en bon état chez nos voisins. Il ne me reste plus qu’à aller le chercher, dans le centre de l’Angleterre.
Y a plus qu’à !! Mais il faut tout de même partir avec un véhicule pouvant accueillir dans son coffre le dit capot, traverser, faire la route vers une ville inconnue et arriver avant la fermeture de l’entreprise qui détient le précieux objet.
Je ne me souviens plus du nom de la ville, mais manifestement elle avait eu son heure de gloire grâce à ses usines de fabrication de matelas. L’activité était partiellement délocalisée, laissant la population au chômage et les bâtiments désertés.
Dans un recoin d’une de ces usines, j’ai finalement réussi à trouver ces quelques mètres carrés qui font le tissu économique de l’Angleterre. M’y attendait la femme de l’entrepreneur. Il était parti faire une compétition avec sa Jaguar ancienne. Elle était enceinte jusqu’aux dents et essayait de réchauffer son premier nourrisson en le rôtissant à côté d’un chauffage à infrarouge réglé au maximum. Bien entendu, dans son état, elle ne me fut d’aucun secours pour chercher et trouver la pièce que j’avais achetée sur Ebay et déjà payée. Je faisais donc seul le singe sur des racks de palettes pour récupérer le capot et le charger dans la voiture.
De retour en France, il ne manquait qu’à peindre et monter le morceau de tôle.

Fin de l'acte 2.

Le capot endommagé est resté des années dans un coin de l’atelier. Je ne voulais pas dépenser la moindre énergie à le bouger, ranger, regarder. Il récupérait juste la poussière et quelques voiles de peinture.
Un jour il fallut bien que je décide de son avenir : le jeter, le garder (mais pour quoi faire ?), le broyer de rage…
C’est tout de même une belle pièce, plutôt rare, qui peut servir de décoration. Il y a plein de garages qui exposent des capots de coccinelle, 4CV… peints en langue, couleurs psychédéliques… Il me restait juste à trouver mon style.
Je me fixais sur un style minimaliste, compte tenu de mes capacités de peintre, avec un motif évoquant l’Angleterre. Quoi de mieux qu’une reproduction du tag de Banksy représentant la Queen Elizabeth II mixée avec l’éclaire de Ziggy Stardust de David Bowie.
Vu mes capacités de peintre, je décidais de trouver une image sur Internet et de la projeter avec un vidéo projecteur sur le capot puis de faire une copie de l’image à la peinture.
Une fois la peinture séchée, il me restait à accrocher le capot sur un mur du garage.

Fin de l’acte 3.

Le dicton dit que tout est bon dans le cochon, il est aussi possible de dire que tout est de l’art dans une Jaguar ?

 

Voilà, voilà …

 

Lionel.

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Publié par Philo dans Plat
Lotus – Acte 2

Lotus – Acte 2

Publié le
18 février 2022

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Etienne Daho / Le premier jour du reste de ta vie.

Lotus Elise

La semaine dernière, nous avions rendez-vous avec Elise, aujourd’hui, nous allons prendre notre Elan et tenter d’avoir de l’Esprit.

  • Non, je ne vous dirai pas que l’Elite britannique a voulu quitter l’Europa au risque de perdre de son Eclat. Voilà, c’est fait il ne me reste plus qu’à caser Eleven, Excel, Exige, Evora, Evija en attendant la dernière combustion carbonée avec l’Emira.
  • Oui, depuis 1956, le Lotus de route utilisent un E pour lettre initiale. (pour ne pas confondre 11 (Eleven) écrit en chiffre arabe avec II écrit en Romain.

Je n’aurais pas d’Esprit avec vous, car je n’en ai jamais eu… entre les mains. Donc je ne peux pas dire comment elle est. Elle a juste fait rêver une génération d’enfants entre 1975 et 2004. Même James Bond n’a pas pu s’empêcher de l’utiliser comme sous marin (en 1977 dans “l’espion qui m’aimait” ou chasse neige (en 1981 dans “rien que pour vos yeux”) les deux films joués par Roger Moore.
Son dessin taillé à la serpe, et des motorisations intéressantes, lui permirent de rester dans la mémoire collective. Des évolutions esthétiques et techniques feront évoluer la voiture. Certaines motorisation permettront d’identifier la marque comme réellement sportive.
La guerre Franco Britannique entre Lotus et Alpine a souvent été à l’avantage des Lotus pendant la période de production de l’Esprit. Moteur Turbo de 210 à 300 chevaux quand l’Alpine proposait un V6 atmosphérique ou turbo, de 170 à 240 petits poneys.
Je ne devrais pas vous le dire, mais regardez aussi les Lotus quand vous déciderez d’acheter une sportive des années 80 !

Bien maintenant passons à l’Elan

Faire une synthèse ne va pas forcément être facile.
Déjà, il y a deux grandes séries d’Elan :
La première de 1962 à 1973 avec une foultitude d’appellations et de versions. Elle reste dans notre mémoire comme étant la voiture de Emma Peel dans “chapeau melon et bottes de cuir” (désolé pour les plus jeunes. Allez vite questionner NetFlix ou autres)
La seconde (M100) produite de 1989 à 1995 devait relancer la marque qui était en perte de vitesse.

Parlons tout de suite de cette M100

Manifestement Lotus (qui appartenait à General Motors) n’avait plus d’argent et devait absolument sortir une voiture pour rajeunir le catalogue (l’Esprit commençait à faire vieille).
Lotus utilisa le châssis de l’Esprit en le mettant à l’envers, car le nouvelle Elan a le moteur à l’avant.
Bon, pourquoi pas.

La carrosserie est un cabriolet réalisé en matériaux synthétiques, avec un dessin agréable qui a amené un vent de fraicheur pendant ces années ternes.
Le moteur est un 1600 turbo compressé (sauf certains modèles Britanniques) délivrant 167 chevaux.
Ce qui est tout à fait honorable.

Mais, juste pour être grincheux, ce moteur est fourni par Isuzu, qui était plus connu à l’époque chez nous comme étant le concurrent de la marque de micro tracteurs Kubota.
D’un seul coup, le mythe s’effrite.

A cette époque, quand vous pensiez voiture sportives, vous pensiez immédiatement propulsion.
Bmw n’imaginait pas autre chose, Peugeot s’accrochait à sa 505, ne parlons pas de Porsche …
Les tractions étaient faites pour les Moldus, les propulsions pour les puristes.
Et bien voilà que Lotus, constructeur exclusif de voitures sportives nous met, dans sa nouvelle voiture en 1989, un moteur à l’avant et en traction !!
Non Mais Allo, Quoi !

Il en résulte deux conséquences imaginables :

  • la voiture n’a pas la rigueur de tenue de route connue sur les Lotus précédentes.
  • Les ventes sont décevantes.

Lotus créa une série 2 de 800 exemplaires, entre 1994 et 1995 pour écouler les pièces en rab.
La troisième série de la voiture (1000 exemplaires) fut construite …  …. … en Corée par Kia (qui était à l’époque complètement inconnu chez nous).
Les petits constructeurs automobiles (en nombre de voitures construites, pas en qualité. J’intègre dedans Aston Martin) ont généralement des vies tourmentées à cause des finances.
L’épisode de la M100, qui devait relancer la marque, a bien faillit la tuer pour de bon.
Entre 1993 et 1996, Lotus appartient à une holding (ACBN) détenant aussi Bugatti. Je suppose que c’est à ce moment-là, que la décision a été prise de se recentrer sur l’essentiel : créer une voiture légère, sportive, efficace, utilisant des pièces de grande série et “facilement” vendable. Je viens de définir la Lotus Elise, qui sera un succès commercial pour la marque et un régal pour les utilisateurs.
L’Elise fut la Lotus la plus produite et détrôna l’Elan de première génération (1962 1973). Ce n’est pas pour rien.
L’Elan est la quintessence Lotus : petite, légère, maniable, donnant des sensations malgré la faible puissance et un dessin évocateur. Un mélange de féminin et de masculin qui permet de passer partout et de faire tourner les têtes.
La motorisation va de 100 à 126 chevaux. La motorisation la plus puissante est un 1500 double arbre à cames appelé sprint, qui donne du caractère à la voiture.
Elle existe en cabriolet et en coupé.
Elle évoluera de la S1 à la S4, puis en S +2 (Type 50), qui est un coupé 4 places au look remanié (capot plus long et plus plat).

Je me répète, mais je ne devrais vraiment pas vous le dire, si vous croisez une Elan à vendre, montez dedans et essayez la. Ce jour là risque d’être le premier jour du reste de votre vie. Vous verrez si la magie opère ou pas, si la Lotus est faite pour vous, comme la baguette magique s’associe avec le magicien.
Dépêchez-vous, les prix commencent à monter, ce qui est logique car la voiture était, jusqu’à maintenant, sous évaluée compte tenue du plaisir quelle procure.

Dites-moi la quelle vous préférez, à priori en les regardant ou en voyant leurs caractéristiques, ou à postériori en ayant essayé (ou vécu avec) différents modèles.

 

A vos claviers…

 

Voilà, voilà …

 

Lionel.

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Publié par Philo dans Histoire, Plat, 2 commentaires
Lotus – Elise

Lotus – Elise

Publié le
11 février 2022

Musique associée

Anne Sylvestre / Lettre ouverte à Elise.

Lotus Elise

Aujourd’hui, détendez-vous, nous allons prendre la position du Lotus.

Je ne sais vraiment pas ce qui est passé dans la tête de Colin Chapman, le créateur de la société Lotus, d’appeler ses voitures du nom de cette fleur, position de méditation…
En tous cas, je vais utiliser des citations de Colin Chapman pour cet article et le premier est “Light is right”, que l’on pourrait traduire, dans ce contexte, par : la légèreté est la vérité.
Donc aujourd’hui, je ne vous parlerais que de la Lotus Elise et de certaines de ses dérivées : Exige, 340R.

L’Elise est sortie en 1996. Elle a la responsabilité de redonner à la marque ses lettres de noblesse, ou plus exactement, de sportivité.
Les modèles précédents n’ayant pas convaincu les acheteurs.
Elle retourne aux origines données par son concepteur (mort en 1982) : légèreté, innovations techniques pour améliorer l’efficacité. La nouvelle Elise est construite autour d’un châssis en aluminium ultra rigide dont les différents éléments sont collés entre eux, puis cuits. Résultat, ce châssis pèse 65 kg, la première version de la voiture complète pèse 700 kg.

©LV - Lotus

Light is Right

Comme à son habitude, Lotus va utiliser des pièces issues du catalogue d’autres constructeurs. Nous pouvons donc retrouver des comodos et des clés de Général Motors (GM, Opel), mais surtout la motorisation d’origine Rover (pour la série 1) équipant la 25, 45 et la “rivale” MG F et TF.
C’est un bloc alu, multi soupapes, de conception avant-gardiste de 1800 cm² qui délivre 120 chevaux.
Vous allez me dire que cela ne fait pas vraiment rêver ! Oui, je suis d’accord.
Mais, si vous pensez cela, c’est que vous n’avez jamais conduit une Lotus Elise série 1. Ou que vous ne cherchez pas à vous “dépasser” en conduisant une voiture.
Avec une Elise, en peu de kilomètres, vous comprendrez ce que veut dire Light is Right. Vous placez la voiture où vous voulez, vous allez chercher à freiner plus tard, peaufinerez vos trajectoires, serez agacés de n’avoir pas réaccéléré au bon moment.

Vous n’aurez pas une accélération qui vous donnera le trou noir, mais vous aurez redécouvert des routes que vous trouviez insipides avant. Tout cela à des vitesses autorisées par la loi de notre pays, mais aussi par les lois de la physique.

Je m’explique : le plaisir n’est pas en liaison directe avec la vitesse (tout comme il n’est pas en liaison avec le prix de sa voiture). Donc si vous prenez du plaisir à des vitesses acceptables, vous prendrez moins de risques pour votre permis de conduire et aussi pour la santé physique de votre voiture et la votre. Si vous faites des écarts (de trajectoire) à 80 kilomètres/heure avec une Lotus légère, vous avez plus de chance de pouvoir rattraper la situation, quà 140km/h avec une voiture puissante et lourde. Dans le premier cas vous avez juste un avertissement, dans le second vous risquez d’endommager sérieusement votre machine sans parler de votre intégrité physique.
Je me souviens d’articles lus dans des magazines de voitures de sport, dans ma jeunesse (ça va, ça va, n’en rajoutez pas…), où le journaliste disait que la seule limite de la voiture venait de la limite de visibilité. Avec la Lotus Elise, sur les routes communales et départementales, vous serez effectivement limités par la visibilité, mais pourrez rouler en toute sécurité en prenant un plaisir quasi inconnu.

©LV - Le Mépris

Lettre à Elise

Non, je n’ai pas de Lotus Elise à vendre, mais si vous avez l’occasion d’en essayer une un jour, annulez vos rendez-vous, votre cours de poney ou votre séance de piscine. Conservez juste votre séance de yoga, pour prendre la position du Lotus… J’attends les commentaires de ceux qui ont déjà goûté à Elise pour qu’ils me donnent leurs impressions.

 

Voilà, voilà …

 

Lionel.

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Publié par Philo dans Histoire, Plat, 2 commentaires
Morgan – La marque

Morgan – La marque

Publié le
4 février 2022

Musique associée

Alain Souchon / Âme Fifties.

Morgan

En écrivant la publication de la semaine dernière sur TVR, je me demandais quelles sont les marques qui ont la même approche de l’automobile que TVR ?
Bien entendu, mes pensées se dirigèrent vers l’ouest proche (la Grande Bretagne).
Petit constructeur fabriquant des voitures avec une personnalité propre, avec ses qualité et ses défauts, pas forcément connues, ou plus exactement pas forcément essayées.
Plusieurs noms me sont venus à l’esprit (non, je ne vous parlerai pas de Lotus aujourd’hui), et j’ai tout de suite pensé à… Morgan.

Pour faire le parallèle : quand j’étais jeune, dans ma tête, l’Austin mini était uniquement destinée, comme dans une chanson de Renaud, aux blondes décolorées. Jusqu’au jour où… je me suis assis dedans et j’ai découvert qu’un karting carrossé et homologué, c'est vraiment très sympa.
Il en est de même avec Morgan. J’avais un apriori d’une voiture ni moderne, ni ancienne, ni réplique, juste un concept marketing excellent pour aspirer le portefeuille de quelques personnes aisées voulant se donner l’air de rouler en ancienne.
C’est bon, je pense que j’en ai mis assez !

Heureusement, j’ai eu des clients qui m’ont demandé de faire l’entretien de leur Morgan.
Oui, techniquement, elle ressemble à une MG TA d’avant guerre (la seconde),
Oui, esthétiquement ils n’ont rien inventé, même si le dessin “fonctionne” (des mauvaises copies de Morgan ressemblent plus à la voiture de Oui-Oui qu’à une Bugatti),
Oui, la fiche technique ne fait pas forcément rêver : une centaine de chevaux, une armature en bois, aucune innovation, des trains roulants d’un autre siècle…
Une autre difficulté est de s'y retrouver dans les périodes et les modèles.

Pour ce point, je vous fais un petit résumé des modèles existants :  
  • 3 Wheeler
  • 4/4
  • Plus 4
  • Plus 8
  • Aero 8
  • Plus 6
  • Plus four

Au début (de 1910 à 1936), Morgan construisait des véhicules à 3 roues, car la législation Britannique était plus tolérante pour ces voitures (c’est pour cela que beaucoup de petits constructeurs Anglais avaient des 3 roues).
En 1936, Morgan sort sa 4/4, voulant dire 4 roues et 4 cylindres avec des moteurs 1600 ou 1800.
En 1950 arrive la Plus 4, dotée d’un 4 cylindres de 2 litres.
La Plus 8 est proposée avec le V8 Rover.

Ces voitures sont faites sur un châssis réalisé avec des tôles pliées et une armature de frêne pour porter la carrosserie. Cela donne un ensemble léger et rigide.
Après quelques investissements et développements, les Morgan modernes passent sans problème les crash test.
Qui dit léger dit qu’il ne faut pas beaucoup de puissance pour être dynamique.
Qui dit léger, dit qu’il ne faut pas grand chose pour freiner et coller à la route.
Donc, contrairement aux apparences, les Morgan sont des voitures sportives.

Les Morgan ont la réputation d’être “tape cul”. Elles sont sportives et capables de vous surprendre.
Une blagounette de propriétaire de Morgan dit qu’un bon conducteur de Morgan est capable, en roulant sur un mégot de cigarette, de savoir si c’était une cigarette avec un filtre ou non.
Cela veut surtout dire que le châssis retransmet toutes les informations nécessaires.

Imaginez une voiture de 900 kilos avec :

un 1800 cc d’une centaine de chevaux idéal pour se balader
un 2 litres de 130 chevaux pour se faire plaisir sur les routes,
un V8 de 140 à 200 chevaux pour se catapulter tout en souplesse entre deux virages.
Un châssis ultra performant n’est pas nécessaire, ni de gros freins, ni de l’électronique pour éviter les figures de style.
Un look d’ancienne, des mécaniques en relation avec l’époque de fabrication, une finition de plus en plus confortable, une liste d’options à la commande de la voiture neuve plus longue qu’un jour sans balade.
Vous pouvez choisir d’avoir une poignée à l’extérieur de la portière pour l’ouvrir, une sangle en cuir pour sécuriser la fermeture de votre capot moteur, vous avez une option de vitre de haut de portière avec un système étanche à l’eau… et efficace !
Vous avez aussi des accessoires vous permettant de remplacer les commodos de Land Rover Discovery en plastique par des modèles en métal chromés. 

La liste des combinaisons possibles est quasi infinie.
Vous pouvez avoir une voiture unique, je ne sais pas si c’est encore possible, mais vous pouviez, à un moment aller à Malvern Link voir votre voiture être assemblée et modifier sa configuration jusqu’au dernier moment.
Vous pouvez avoir une plaque indiquant que la voiture a été réalisée suivant vos souhaits avec votre nom.
Je ne connais pas beaucoup de marques qui proposent cette personnalisation.

En terme de carrosserie, il existe 4 grandes familles

La 3 roues, dont un modèle est ressorti en 2011.

Morgan 3 wheeled

Morgan 3 wheeler - https://www.morgan-motor.com/

La Roadster, un grand classique, avec son dessin inscrit dans la mémoire collective.

Morgan Roadster

Morgan Roadster - https://www.morgan-motor.com/

La Tourer (ou four seater sur les modernes) une voiture un peu plus longue ayant 4 places.

Morgan Tourer - https://www.morgan-motor.com/

et enfin, l’Aero, coupé ou cabriolet à la ligne futuriste.

Morgan Aero 8

Morgan Aero 8 - Morgan https://www.morgan-motor.com/

Que faire avec une voiture comme cela ?

Avec son look d’ancienne, vous pouvez aller en sortie de club et manifestations d’anciennes.

Morgan Plus 8

©LV - Morgan Plus 8

Avec un modèle récent, vous pouvez l’utiliser régulièrement pour des long trajets (grandes sorties et rallyes internationaux). Vous pouvez aussi l’utiliser pour des petits trajets du quotidien occasionnels. Elle démarre bien. Contrairement aux apparences, elle est confortable. Le chauffage fonctionne bien. Il faut juste avoir les options garantissant l’étanchéité et utiliser des balais d’essuie glace plus performants que ceux d’origine.

Vous pouvez avoir un autoradio pour vous distraire pendant les longs trajets. Il vous faudra un modèle avec télécommande, car vu son emplacement à la base du tunnel de transmission, il n’est pas accessible.

Quelle motorisation choisir ?

Vous aimez la conduite sportive ? Au minimum la Plus 4 et son  2 litres.
Vous en voulez plus ? Le modèle V6 3 litres d’origine Ford/Jaguar est un super compromis.
Vous aimez rouler sur le couple avec des mélodies rauques ? Le V8 est fait pour vous. Mais attention, la direction devient un “peu” lourde sur ce modèle.
Depuis 2019, Morgan propose deux nouveaux véhicules à la structure aluminium modernisée et aux motorisations affutées. La Plus 4 est équipée d’un 4 cylindres 2 litres BMW de 255 chevaux, la Plus six d’un 6 cylindres en ligne BMW de 335 chevaux !

Vous voulez vous faire plaisir en roulant ? Avoir un véhicule décalé et qui sort de l’ordinaire ? Oubliez vos préjugés et adoptez une Morgan moins que ce soit la Morgan qui vous adopte).
A essayer dès que possible et si vous avez déjà roulé en Morgan, partagez vos impressions.

 

Voilà, voilà …

 

Lionel.

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Publié par Philo dans Histoire, Plat, 3 commentaires
TVR – La marque

TVR – La marque

Publié le
28 janvier 2022

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The Clash / The guns of Brixton.

TVR : la marque

TVR est une marque de voitures de sport Anglaise créée en 1947 par Trevor Wilkinson. Il a utilisé trois consonnes de son prénom pour nommer la marque.
Depuis cette date, avec des périodes de difficultés et une période d’arrêt, TVR construit des coupés et des cabriolets aux capacité dynamique pouvant être qualifiés de sportives.
Hormis les derniers modèles, les voitures sont construites autour d’un châssis tubulaire, la carrosserie est en fibre de verre. Cela permet d’avoir une bonne rigidité et un poids faible pour donner des sensations et performances de haut niveau.
Les trains roulants sont aussi soignés et réalisés comme sur une voiture de course.
Du coup, les TVR ont des performances de voitures sportives de grandes marques pour un prix beaucoup plus faible.
La priorité est donnée au moteur, au poids et aux trains roulant. Les chronos et les sensations prouvent ces choix.
Pour arriver à réaliser cela et être moins cher que les marques de voitures de sport traditionnelles, il a bien fallu que les ingénieurs fassent des choix et rognent sur le prix de quelque chose. Ces choix sont au détriment des accessoires de sécurité, aide à la conduite, mais aussi des finitions et de la qualité perçue.
Sur la dernière voiture de la marque, la Griffith II, sortie en 2018, la carrosserie est partiellement en carbone pour augmenter la rigidité de la voiture.
Le poids à toujours été une obsession pour les concepteurs, désirant ne pas dépasser la tonne. Ce qui n’est plus possible actuellement, car pour des raisons de sécurité et de gestion de la voiture, toutes les voitures font souffrir les balances.

Les différentes périodes.

La marque a été détenue et dirigée par 5 personnes ou organisations depuis 1947.
Trevor Wilkinson a revendu en 1965 à Martin Lilley. En 1981, Peter Wheeler a repris l’entreprise jusqu’en 2004 et la revend à Nikolai Smolensky qui va déclarer la cessation d’activité et donc la mort de l’entreprise en 2012.
Propriétaire de la marque et des droits de la marque, il les revend en 2014 à un consortium d’investisseurs, (syndicate of British Businessmen), décidés à faire revivre la marque.
En 2017, les images d’une nouvelle voiture sont diffusées, puis un modèle roulant est présenté à Goodwood en septembre.

Il est possible de faire des séparations par les détenteurs, car ils ont, chacun, impulsé une dynamique à la marque.
Il est aussi possible de faire des séparations par moteurs (même si les séparations ne sont pas franches et les mixages de moteurs par période existent).
Les débuts de la marque se sont faits avec des 4 cylindres Ford ou Coventry Climax ou BMC (B).
En 1964, arrive la première voiture avec un V8 Ford Windsor, c’est la Griffith 400, qui est suivie par la Tuscan en 1967.
En parallèle, des modèles conservent le 4 cylindres.
En 1969 arrive le premier V6 Ford Essex sur la Tuscan. A partir de 1972, les V6 vont prendre le pouvoir, avec le Ford Essex, puis le Cologne (3000, Tasmin, S).
En 1990, le V8 Rover (d’origine Buick) devient dominant, installé sur la Tasmin, la Griffith, la V8S, la Cerbera, la Chimaera. Toutes les cylindrées seront utilisées de 4 à 5 litres jusqu’en 2003.
A partir de 1999, sous l’impulsion de Peter Wheeler, un six cylindres en ligne est utilisé. C’est un pur produit TVR et doit prouver la capacité de TVR à réaliser des voitures de sport.
Il sera monté sur les Tuscan, Tamora, T350, Typhon, Tuscan S, Sagari.
La réalisation d’un moteur capable de passer les normes anti pollution étant de plus en plus difficile, ce moteur mènera la société à sa perte.
L
a reprise de l’activité avec la Griffith II sous le contrôle du syndicate of British Businessmen se fit avec un moteur de “grande distribution” de la Ford Mustang 6 revu par Cosworth.

Pour résumer : la marque commença avec des 4 cylindres, puis V6, puis V8 et voulant exploser, ils réalisent un 6 en ligne personnel qui mènera à la perte de la marque. Le salut viendra-t-il d’un V8 de grande diffusion modifié ? Je n’ose pas poser la question d’un hybride, électrique, hydrogène, nucléaire ?

Les voitures emblématiques.

S’il fallait choisir 4 voitures de la marque !
Il y aurait dans mon choix discutable une Griffith, une série S, une Chimaera et une moderne extravagante comme une Tuscan.

TVR 3S

©LV - TVR 3S

 

Chimaera !

©LV - Chimaera !

Ces voitures sont la preuve que des êtres humains sont vivants. La marque de Blackpool aux sonorité envoutantes déplaceront des passionnés entre deux points inutiles sans aucune rationalité, juste pour se convaincre que l’essence de la vie est dans le réservoir.
Cet après-midi, j’ai réalisé un essai avec une personne qui est venue voir la S2 que je vous ai présentée la semaine dernière. Je suppose qu’il ne lira pas ces lignes. Même si la voiture était froide et ne pouvait donc pas être “exploitée”, elle savait donner des espoirs, désirs, plaisirs à son conducteur, malgré son V6 que certains pourraient qualifier de “petit”.

Une TVR se mérite et sait se donner à qui l’aime.

 

Voilà, voilà …

 

Lionel.

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Publié par Philo dans Histoire, Plat, 1 commentaire