hommage

Jean-Pierre JAUSSAUD

Jean-Pierre JAUSSAUD

Publié le
24 juillet 2021

Musique associée

Rory GALLAGHER / Million Miles Away.

Jean-Pierre JAUSSAUD

Jean-Pierre Jaussaud

©LV

Il y a des évènements dans la vie, que l’on sait inéluctables, mais que l’on souhaiterait voir arriver le plus tard possible ou jamais.
Pour moi il y a la disparition de personnes estimées dont fait partie Jean-Pierre JAUSSAUD (parti pendant la nuit du 22 juillet 2021).

J’espérais pouvoir le revoir lors de manifestations automobiles, mais sans vouloir provoquer ces rencontres. Je le savais “fatigué” depuis quelques années et voulais lui laisser son énergie pour côtoyer sa famille et ses amis.
J’ai eu la chance de le croiser plusieurs fois et en garde de bons souvenirs et histoires.
Notre première rencontre avait été reportée car il devait refaire sa cuisine. Cette cause m’avait perturbée, car je n’imaginais pas que “Dieu” avait aussi besoin de refaire sa cuisine !

Chaque rencontre était l’occasion de l’entendre raconter brillamment des bouts de sa vie :

  • ses débuts en monoplace lorsqu’il parcourait les paddock après sa course pour demander aux team managers si l’un de leurs pilotes était absent ou en retard, dans l’espoir de pouvoir faire une course de plus et augmenter son expérience.
  • sa course mythique avec la Triumph dolomite sprint à PAU.
  • Sa participation à plusieurs rallye Paris Dakar en 4X4 ou en camion.
  • ses actions et pilotages pour des causes humanitaires
  • Sa période en tant que moniteur de pilotage et de drift.
  • et tant d’autres souvenirs.

Jean-Pierre avait l’art de plaire, il racontait qu’il narrivait pas à avancer lors de manifestations, salons ou réunions. Non pas à cause de difficultés pour se déplacer, mais à cause du temps qu’il passait à discuter avec les inconnus qui l’arrêtait, les familles de trois générations qui lui demandaient une photo, la rencontre d’amis ou connaissances.
En le voyant faire, j’ai compris qu’un grand pilote devait avoir trois grandes qualités : 

  • être rapide en course,
  • savoir gérer sa carrière
  • et savoir communiquer.

Clairement, cet homme qui est la fierté des Ceannais et des Normands avait ces trois qualités.

Il avait à plusieurs occasions tutoyé la mort, je pense qu’il connaissait son prénom, mais n’était pas du genre facile et pas prêt à se laisser battre sans combat.
S’il existe un paradis, tous les “collègues de travail” de Jean-Pierre qui sont partis trop tôt ou trop jeunes doivent faire la fête pour accueillir notre champion.

Merci pour tout ce que tu as fait pour la course automobile, ton palmares est impressionnant et ton humanité encore plus.

Mes pensées vont à sa femme, sa famille, ses amis.

 

Voila, voila …

 

 

Lionel.

Publié par Philo dans Hommage, Plat, 0 commentaire
Rien ne s’arrête jamais définitivement

Rien ne s’arrête jamais définitivement

Publié le
16 avril 2021

Musique associée

Band of Horses / The Funeral.

Rien ne s’arrête jamais définitivement.

Les actions d’un Prince pour l’automobile - Prince Philip Duc d'Edimbourg

L’automobile fait partie de ces objets qui peuvent dépasser le simple coté utilitaire. Des vies et des histoires romanesques jalonnent l’histoire de l’automobile. Mais l’automobile a aussi révélé des hommes et leur a donné des vies extraordinaires. Ces relations hors normes entre voitures et humains sont nombreuses, créateurs et constructeurs, pilotes, personnalités connues.
Parfois les hommes se grandissent au contact de l’automobile, parfois l’automobile utilise certains hommes pour augmenter leurs pouvoirs.
C’est le cas avec la relation qu’entretenait le Prince Philip Duc d'Edimbourg avec l’automobile.

Il a utilisé son statut et aura pour faire connaître et développer l’image de certaines voitures et marques. Elles pouvaient être très différentes et correspondaient sans doute à son caractère.
Prince Philip pouvait aussi bien, au cours de sa jeunesse prendre beaucoup de plaisir à rouler avec sa MG TF, qu’utiliser pour ses déplacements ordinaires différents véhicules de la marque Land Rover, mais aussi apprécier la sportivité et le charme des Aston Martin, Alvis ou scimitar.

Passionné d’équitation, de sport et de vitesse, mais aussi très intéressé par les techniques et la mécanique. Il savait parfaitement combiner ses plaisirs et son rôle d’ambassadeur de l’industrie automobile Britannique en aimant prendre le volant de ses voitures ordinaires ou huppées et s’intéresser aux plus belles et efficaces productions automobiles du royaume. Dans le même esprit, le Duc d'Edimbourg a demandé à Land Rover de lui faire un corbillard selon ses plans.
Le Prince secondait parfaitement la Reine dans son rôle et partageait avec sa femme le plaisir de prendre le volant.

Merci votre Altesse pour ce que vous avez fait pour aider et développer l’industrie automobile Anglaise.

Je vous souhaite une belle éternité vrombissante.

 

Voilà, voilààààà…

 

Lionel.

 

Voici quelques images de ses véhicules : 

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Publié par Philo dans Hommage, Plat, 0 commentaire
La compression

La compression

Publié le
3 juin 2020

Musique associée

Queen / David BOWIE : Under pressure remastered

A la mémoire de Gérard Porte - 31 mai 2020

Essayer de vivre de sa passion permet de croiser des êtres humains qui ont la même passion. Parmi ceux là, il y a des personnes de grandes qualités et richesses.

J’ai eu la chance d’en croiser un. Il transportait toujours avec lui un rayon de soleil. Avec lui les problèmes étaient vite remplacés par des solutions.
Parfois vous tutoyez des personnes en vous disant que vous avez peu de choses en commun.

Nous nous vouvoyions, c’était accessoire, les pensées et les sentiments se transmettaient très bien comme cela.
Monsieur Porte, j'ai conscience de la chance d’avoir pu vous rencontrer et passer du temps à parler voitures avec vous.
Vous êtes parti très vite et je reste là... un peu hébété. Je sais que vous passerez à l’atelier, votre voix et vos expressions vont raisonner un bout de temps.

Quelque soit la destination, je vous souhaite un bon voyage Monsieur Porte.

Vous qui ne m'avez jamais mis la pression, cet article vous est dédié...

Pourquoi et comment prendre les compressions

Vous vous souvenez ? Le deuxième temps du moteur à quatre temps, c’est la compression. A quoi sert-elle cette compression ? A “concentrer” l’énergie de la combustion.

La compression permet de mettre une quantité plus importante de mélange air essence dans le volume faible de la chambre de combustion autour du point mort haut. S’il y a une quantité plus importante, il y aura un dégagement plus important d'énergie lors de la combustion.

Que se passe t’il si vous n’avez pas de compression ? Ou plus exactement, qu’est-ce qui ne se passe pas ?

La concentration en air et essence sera faible et la combustion lente. Elle ne donnera pas d’énergie mécanique au piston. 

La combustion se fera tardivement et de manière incomplète, pendant la phase d’échappement, voire… dans l’échappement.

Un moteur qui n’a plus de compression ne pourra pas démarrer. A l’autre bout du spectre, un moteur avec un fort rendement aura un rapport volumétrique élevé (grande capacité à compresser les gaz) comme sur les moteurs de compétition ou on aura un système auxiliaire qui augmentera la pression des gaz d’admission : turbo ou compresseur.

Quel est l’intérêt de contrôler les compressions ?

De savoir si le moteur a la capacité de compresser les gaz ! Oui, Monsieur Lapalisse n’aurait pas dit mieux !
Le moteur a besoin de pression avant d’allumer le mélange, sinon la combustion ne sert à rien. Ok.

Quelles sont les causes d’une perte de pression.
  • Une soupape pas étanche : tordue, son plan de joint pas propre, réglage du jeu aux soupapes trop bridé, donc elle reste toujours un peu ouverte.
  • Un manque d’étanchéité entre le piston et le cylindre : usure du cylindre et les segments n’arrivent pas à rattraper le jeu, un segment cassé, un piston cassé (rare), un cylindre cassé (très rare).
  • Un piston percé (rare),
  • Un joint de culasse cassé entre deux cylindres ou fuyant fortement vers le circuit de refroidissement.
  • Une culasse très fortement déformée (très rare à ce point).

A priori, je ne vois pas d’autres possibilités.

Donc, quand vous contrôlez les compressions, vous contrôlez ces points là.

 Si je me permets une comparaison avec la médecine, cela équivaut à un test d’effort chez votre cardiologue qui vous indique que votre cœur va très bien, ce qui ne vous empêche pas d’avoir un foie fatigué, un rein assisté par des dialyses hebdomadaires et des connections neuronales défaillantes (je vous laisse mettre les autres défaillances médicales que vous souhaitez).

Ce que je veux dire : ne demandez pas au contrôle de compression d’autres informations que celle qu’il est capable de donner. Il ne peut pas donner l’état de la voiture, ni du moteur complet.

 

Réalisation du contrôle des compressions.

Il faudra un appareil, qui s’appelle un compressiomètre. C’est un manomètre équipé d’un clapet antiretour pour que l’aiguille ne redescende pas et d’un affichage allant de 0 à une vingtaine de bars (2000 kPa) pour un moteur essence.

La plage “normale” de pression lors du test va être entre 8 et 12 bars.

Avant d’effectuer le contrôle, 

  • déposez toutes les bougies, 
  • débranchez l’alimentation de la bobine. Il est préférable qu’il n’y ait pas d’allumage, car 
    • les bougies étant déposées, le courant issu de la bobine ne peut pas retourner à la masse 
    • il serait dommage que vous serviez de bougie si vous touchiez le fil haute tension pendant le test. Une décharge d’allumage peut être dangereuse (provoquer un arrêt cardiaque), voir très dangereuse pour les personnes ayant un pace maker.
compressiomètre

Si vous avez un compressiomètre qui se visse à l’emplacement de la bougie, la manipulation va être simplifiée. Si votre compressiomètre est à appliquer en poussant sur son corps, il vous faudra soit de l’aide d’une personne soit un interrupteur pour déclencher le démarreur.

 Je m’explique... La prise des compressions va se faire (avec le compressiomètre en place) en faisant tourner le moteur avec le démarreur tout en ayant l’accélérateur ouvert à fond.

L’accélérateur ouvert à fond permet de rentrer un maximum d’air et d’obtenir la pression maxi plus rapidement.

Donc pour résumer : 

  • si vous avez un compressiomètre qui se visse, vous le positionnez sur le premier cylindre, vous allez dans la voiture, vous accélérez à fond, vous tournez la clé de contact pour enclencher le démarreur et vous faites tourner le moteur jusqu’à ce que l’aiguille du compressiomètre ne monte plus (en général  5 compressions soit 10 tours moteurs ou quelques secondes).
  • vous lisez la valeur indiquée et la notez sur un papier en indiquant qu’il s’agit du cylindre 1 (éventuellement précisez quel cylindre vous avez choisi pour être le 1 : avant du moteur, arrière, coté distribution, coté embrayage … c’est juste une convention, mais il est préférable que ce soit clair dans votre tête, surtout pour la suite des réparations en cas d’anomalie). Le cylindre coté distribution est souvent utilisé comme premier cylindre.
  • Une fois votre mesure faite et notée, vous appuyez sur le bouton du compressiomètre pour libérer la pression et vous pouvez faire de même pour les cylindres suivants.
  • Si vous avez un compressiomètre “à pousser”, une personne tient l’appareil poussé dans le trou de bougie, une autre personne va dans la voiture pour accélérer à fond et faire tourner le démarreur.

 

Résultats :

tous vos cylindres ont une pression avec moins d’un bar de différence, comprise entre 8 et 12 bars ? Tout va bien, vous pouvez ranger votre matériel.

Ce n’est pas le cas… ? Nous verrons cela une prochaine fois.

 

Voilà, voilà,

 

Lionel.

Publié par Philo dans Plat, Technique, 4 commentaires